À l’approche des élections locales de 2027, le poste de maire suscite de fortes convoitises au sein du parti au pouvoir, le PASTEF. Députés et autres responsables politiques affichent ouvertement leurs ambitions pour diriger des communes, au point de raviver le débat sur le cumul de mandats, longtemps dénoncé par cette formation politique.
Lors d’un meeting tenu au parking du stade Léopold Sédar Senghor, le président du PASTEF, Ousmane Sonko, avait fixé un objectif clair : conquérir 90 % des collectivités territoriales. Une ambition confirmée par Ayib Daffé, député et président du groupe parlementaire du PASTEF, qui assure que le parti s’y prépare activement.
Ces échéances électorales sont perçues comme une bataille décisive pour l’enracinement du « Projet » de société porté par le PASTEF et pour la consolidation du pouvoir, après les victoires enregistrées à l’élection présidentielle et aux législatives.
Cependant, plusieurs responsables du parti, déjà détenteurs de mandats électifs ou de fonctions nominatives, nourrissent l’ambition de prendre la tête de leurs communes respectives. Une situation qui ouvre la voie à une compétition interne pour le contrôle des mairies.
Pourtant, dans le sillage de la formation du premier gouvernement sous l’ère Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko avait été catégorique. Il avait annoncé que « les personnes nommées dans le nouveau gouvernement et qui occupent d’autres postes disposent d’un délai d’un mois pour démissionner de leurs fonctions électives au sein des collectivités locales ou de l’Assemblée nationale ». Le Premier ministre avait alors précisé qu’il s’agissait d’une instruction du chef de l’État, afin de permettre aux membres du gouvernement de se consacrer pleinement à leurs responsabilités.
Le cumul de fonctions a longtemps été l’une des principales cibles des critiques du PASTEF. Cette posture traduisait la volonté affichée par Diomaye Faye et son équipe gouvernementale de respecter les engagements pris durant la campagne électorale, une ligne qui semble aujourd’hui s’effriter.
Par ailleurs, le PASTEF n’exclut pas de se présenter seul aux prochaines élections locales, comme ce fut le cas lors des législatives du 17 novembre 2024, selon Ayib Daffé.
Ces prises de position marquent le coup d’envoi officieux de la course aux mairies. Toutefois, les ambitions affichées devront encore recevoir l’aval du président du parti, Ousmane Sonko.
La bataille pour le contrôle des municipalités, lors des élections locales prévues en 2027, s’annonce donc rude, d’autant plus que le président de la République semble tracer sa propre voie avec la coalition « Diomaye Président », qui ne s’est pas encore officiellement prononcée sur sa participation à ces joutes locales.
Mamadou Dieng







