Accusé de répression par la communauté internationale, le gouvernement ougandais a dans un communiqué rendu public ce mardi reconnu avoir choisi la manière forte face à ce qu’il qualifie d’une opération de salubrité publique contre des « gangs » politiques.
Douze jours après le scrutin du 15 janvier, le ministre de l’Information, Chris Baryomunsi, a rompu le silence ce mardi pour défendre un bilan post-électoral musclé. « Ce n’est pas de la répression politique, c’est de l’ordre public », a-t-il martelé, balayant les critiques sur la dérive autoritaire du régime de Yoweri Museveni.
Le gouvernement accuse la National Unity Platform (NUP) de Bobi Wine d’avoir orchestré un plan pour « submerger » les forces de l’ordre. Dans ce récit officiel, les opposants ne sont plus des rivaux politiques, mais des « gangs déguisés » en activistes.
Le chef de l’armée Muhoozi Kainerugaba, fils du président a affirmé que près de 2 000 interpellations et 30 morts depuis le début des opérations. Un durcissement que le pouvoir ne cherche plus à dissimuler, l’inscrivant dans une logique de « légitime défense » de l’État.
Concernant le black out d’Internet, ordonnée par le régulateur (UCC), la justification repose sur la lutte contre la « désinformation ». En privant le pays de connexion, le pouvoir s’assure le contrôle total médiatique malgré les appels à la retenue du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.







