La première montée des couleurs de 2026 présidée, lundi par le chef de l’État Ibrahim Traoré marque plus qu’un rituel symbolique : elle trace les grandes lignes de sa politique pour l’année 2026. Le président burkinabè a dévoilé plusieurs axes clés qui révèlent la stratégie du pouvoir actuel dont l’approche est résolument tournée vers l’autonomie nationale : souveraineté alimentaire, maîtrise technologique, infrastructures locales et sécurité renforcée.
Souveraineté alimentaire et valorisation locale
Traoré se félicite des « productions record » de 2025, notamment en cacao, café, blé et fruits. L’accent est mis sur la transformation locale plutôt que l’exportation brute, une approche qui combine sécurité alimentaire, création d’emplois et développement industriel. L’État mise sur des filières locales pour stimuler l’économie intérieure et renforcer l’autonomie nationale.
Modernisation technologique et éducative
L’ouverture de lycées techniques et d’une université technologique, ainsi que l’acquisition d’un microscope électronique de pointe, traduit une volonté claire de rattraper le retard technologique et scientifique du pays. L’investissement dans l’éducation professionnelle et la recherche scientifique apparaît comme un levier central de développement sur le moyen terme.
Infrastructures et maîtrise des ressources
Le choix de l’auto-construction pour l’autoroute, confiée à des ingénieurs burkinabè et à l’agence Faso Mêbo, montre une volonté de limiter la dépendance aux financements étrangers et de développer le savoir-faire local. Cette stratégie reflète un discours nationaliste et pragmatique face à des offres étrangères jugées coûteuses ou inadaptées.
Sécurité et consolidation de l’État
Traoré met en avant les avancées des Forces de défense et des Volontaires pour la défense de la patrie sur certaines frontières. La communication présidentielle souligne l’importance de la sécurisation des zones sensibles pour garantir la stabilité nécessaire au développement économique et social.
Un pari risqué
Le président place ainsi le Burkina Faso sur une trajectoire ambitieuse mais risquée, car elle repose fortement sur les capacités internes, la mobilisation de jeunes ingénieurs et la discipline citoyenne. La réussite de ce « pari » dépendra donc autant des ressources matérielles que de la cohésion sociale et de la stabilité sécuritaire.







