Le débat autour des terrains attribués aux Lions de la Téranga après leur premier sacre continental continue d’animer l’espace public sénégalais. L’ancien international El Hadji Diouf a récemment relancé la polémique en dénonçant la reprise de ces parcelles, estimant que les joueurs méritent pleinement cette reconnaissance.
El Hadji Diouf relance la polémique, la FSF se démarque
S’exprimant sur la question, El Hadji Diouf a affirmé que les terrains offerts aux champions d’Afrique auraient été retirés. « Il faut rendre aux joueurs ce qui leur revient », a-t-il plaidé, soulignant que ces récompenses vont au-delà du sport. Selon lui, elles participent à la stabilité du pays et à la valorisation de la jeunesse.
La Fédération sénégalaise de football (FSF) a rapidement réagi, prenant ses distances avec ces déclarations. Dans un communiqué, l’instance dirigeante du football sénégalais affirme « condamner tant le fond que la forme des réclamations concernant l’octroi des terrains ». Elle rappelle par ailleurs que l’attribution foncière relève exclusivement de la compétence de l’État.
La communauté lébou exprime son opposition
Lors du premier sacre des Lions en 2022, l’ancien président Macky Sall avait attribué des parcelles situées sur l’ancien site de l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Une décision qui a suscité l’opposition de la communauté lébou, notamment à Ngor, Ouakam et Yoff.
Les responsables communautaires estiment que ces terres constituent un patrimoine ancestral destiné en priorité au développement local. Ils précisent que leur contestation ne vise pas les joueurs, déjà largement récompensés, mais plutôt l’utilisation de ces terrains sensibles par l’État.
L’État suspend les constructions sur le littoral
En mai 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko a ordonné l’arrêt des travaux sur le littoral dakarois afin de clarifier les droits fonciers et de mieux encadrer l’urbanisation. Cette mesure concerne plusieurs zones sensibles, dont celles où se trouvent les parcelles contestées, avec pour objectif la protection du patrimoine foncier des communautés locales.
Un débat national toujours ouvert
À ce stade, ni les joueurs concernés ni les autorités étatiques n’ont officiellement réagi aux accusations d’El Hadji Diouf. Le sujet continue néanmoins d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, illustrant le dilemme persistant entre la reconnaissance due aux héros nationaux et le respect des droits fonciers traditionnels.
Alioune Sow







