De Dakar à Rabat, les autorités sénégalaises et marocaines ont activé la voie diplomatique pour contenir les tensions nées de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Appels au calme, messages d’unité et rappels à la fraternité africaine ont marqué une séquence où le sport n’aura pas réussi à éclipser les liens politiques, historiques et spirituels entre les deux pays.
Premier à prendre la parole, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a invité les Sénégalais à dépassionner le débat autour des incidents ayant émaillé la finale, notamment le retrait momentané des Lions de la Téranga pour protester contre une décision arbitrale. Pour le chef du gouvernement, cet épisode ne doit en aucun cas dépasser le cadre du football, encore moins alimenter des tensions inutiles.
Dans cette dynamique d’apaisement, Ousmane Sonko a révélé avoir eu un long échange téléphonique avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, afin de travailler à une désescalade rapide et de renforcer les liens historiques entre Dakar et Rabat. Il a également mis en garde contre la désinformation sur les réseaux sociaux, estimant que les rumeurs et informations non vérifiées risquent d’exacerber les émotions. Les deux capitales ont, par ailleurs, confirmé la poursuite des discussions pour consolider leur coopération bilatérale, notamment à travers la session de la Haute Commission mixte sénégalo-marocaine prévue fin janvier 2026.
Sur le plan institutionnel, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lui aussi contribué à calmer le jeu. Lors de la réception officielle des Lions de la Téranga au palais présidentiel à Dakar, après leur sacre continental, il a publiquement remercié le Maroc pour l’organisation de la CAN 2025, saluant « les énormes efforts déployés » et exprimant sa profonde gratitude à Sa Majesté le roi Mohammed VI ainsi qu’au peuple marocain pour l’accueil réservé aux délégations. Le chef de l’État a souligné que la réussite sportive sénégalaise allait de pair avec l’hospitalité et le professionnalisme du pays hôte.
Du côté marocain, le Premier ministre Aziz Akhannouch a également appelé au calme, insistant sur la nécessité d’éviter toute dérive diplomatique ou sociale. À l’issue de ses échanges avec Ousmane Sonko, il a réaffirmé que les relations entre le Maroc et le Sénégal demeurent solides, profondes et prioritaires, malgré la tension suscitée par la finale.
Au sommet de l’État marocain, le roi Mohammed VI a rappelé l’essentiel. Reconnaissant des incidents « regrettables » et des comportements « déplorables » en fin de match, le souverain a souligné que la fraternité interafricaine finira par prévaloir une fois les passions retombées. Il a insisté sur le fait que rien ne saurait altérer les liens historiques et la coopération profonde entre les peuples africains, en particulier entre le Maroc et le Sénégal.
Enfin, sur le terrain spirituel, le Cheikh de la Zawiya Tijaniyya de Fès a apporté une voix d’apaisement supplémentaire. Dans une déclaration relayée sur les canaux officiels, il a mis en avant les liens spirituels, religieux et historiques qui unissent les deux pays, estimant qu’un incident sportif, aussi médiatisé soit-il, ne peut remettre en cause une fraternité forgée de longue date. Il a rappelé que les enseignements des hommes de Dieu prônent la paix, la solidarité et le respect mutuel, valeurs appelées à guider les fidèles en toutes circonstances.
Au-delà du terrain, la finale de la CAN 2025 aura ainsi servi de révélateur : si le sport peut enflammer les passions, la diplomatie, l’histoire et la spiritualité continuent de tisser des liens plus forts que la polémique.
Alioune Sow







