À Conakry, le gouvernement a lancé une vaste opération de déguerpissement des emprises routières dans plusieurs zones de la capitale. Sur l’axe Le Prince et l’autoroute Fidel Castro, les bulldozers du bataillon du génie militaire sont entrés en action, détruisant étals et installations précaires. Une intervention brutale qui laisse des traces profondes chez de nombreuses victimes, en majorité des femmes.
« Je suis vraiment bouleversée par ces actes. Ils doivent comprendre que nous sommes des femmes, avec des enfants à nourrir et à scolariser », sanglote Mme Sira Diop, marchande au marché de Matoto, l’un des quartiers populaires de Conakry.
Selon la police nationale, cette opération de dégagement des encombrants physiques vise à redonner à la capitale un visage « plus ordonné et plus attractif ». Les autorités assurent qu’aucune zone ne sera épargnée par cette campagne.
Mais sur le terrain, l’inquiétude est palpable, d’autant plus que le mois de ramadan approche. « Nous sommes à quelques semaines du ramadan. C’est grâce à nos petits commerces que nous nourrissons nos maris, nos enfants et nos parents âgés. Venir un matin et nous dégager de cette manière est vraiment insupportable », déplore Mme Nanfadima Keïta, commerçante d’une cinquantaine d’années.
Une autre vendeuse, visiblement déçue, renchérit : « Le ramadan entraîne d’énormes dépenses. Libérer cet espace sans aucune garantie de recasement est une situation difficile et regrettable. »
Certaines commerçantes, à l’image de Fatoumata Bangoura, ne s’opposent pas au principe du déguerpissement, mais réclament des mesures d’accompagnement. « Tout président qui veut construire de grandes infrastructures est un bon dirigeant. Mais je demande au président Mamadi Doumbouya de penser à nous, en mettant à disposition des espaces où nous pourrons continuer nos activités. Nous avons des familles à nourrir, et le ramadan approche », plaide-t-elle au micro du correspondant de LNA.
D. S. Kamara, correspondant de LNA à Conakry







