Mamadi Doumbouya entame un mandat de sept ans à la tête de la Guinée, après une longue transition conduite de manière jugée unilatérale et autoritaire par ses détracteurs. À la suite de son investiture, une étape cruciale s’impose au président de la Ve République : la formation d’un nouveau gouvernement. Parallèlement, plusieurs secteurs prioritaires se dessinent, notamment sur les plans politique, économique, judiciaire et dans la lutte contre la corruption.
Mamadi Doumbouya ouvre ainsi une nouvelle ère de gouvernance sous la Ve République, avec d’importants défis à relever.
Secteur politique
Durant la transition, Mamadi Doumbouya a dirigé le pays de façon centralisée, marginalisant les voix dissidentes. Cette gouvernance a creusé un fossé entre le pouvoir et une partie de l’opposition politique ainsi que des acteurs de la société civile. Selon plusieurs observateurs, la restauration de la confiance entre les différentes parties constitue un préalable essentiel à la consolidation démocratique.
« Déjà qu’il n’a pas tenu sa promesse de ne pas briguer la magistrature suprême à l’issue de la transition, il ne doit pas en rajouter en accentuant la division. Après cette prestation de serment, il se doit de se surpasser en plaçant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des intérêts partisans », estime un activiste de la société civile.
Formation d’un nouveau gouvernement
Après l’investiture de Mamadi Doumbouya, l’attention se porte désormais sur la composition du nouveau gouvernement. De nombreux citoyens guinéens souhaitent une équipe inclusive, intégrant des acteurs politiques de l’opposition. Cette future équipe gouvernementale devra également faire face à plusieurs secteurs vitaux, notamment les infrastructures, le social, la santé, l’emploi et la lutte contre le chômage.
Économie
Considéré comme un secteur clé, l’économie devrait occuper une place centrale dans l’action gouvernementale de Mamadi Doumbouya au cours des sept prochaines années. Ce domaine inclut notamment le secteur minier, avec en ligne de mire le projet Simandou.
« Simandou n’est pas un projet pour quelques-uns, Simandou est un projet pour tous les Guinéens », avait déclaré le président dans son discours d’investiture. Selon les acteurs du secteur minier, ce projet s’impose comme la pierre angulaire de la stratégie économique du pays.
Pour M. Totya Barry, expert minier, « l’enjeu est vital : transformer nos richesses souterraines en un levier concret pour sortir les populations d’une précarité devenue chronique ».
Lutte contre la corruption et promotion de la bonne gouvernance
« Ma main ne tremblera pas face à la corruption. La restauration de l’autorité de l’État est un pilier », avait affirmé Mamadi Doumbouya lors d’une rencontre avec ses ministres.
Dans ce contexte, de nombreux Guinéens attendent du chef de l’État des actes forts en faveur de la bonne gouvernance, afin de rompre avec l’improvisation et de bâtir une administration publique plus efficace et crédible.
D. S. Kamara, correspondant de LNA à Conakry







