L’un des visages que le public du ballon rond retiendra de la finale de cette 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations est sans conteste celui de l’arbitre Jean-Jacques Ndala. S’il n’a pas été officiellement désigné homme du match, le Sénégalais Pape Gueye, unique buteur de la rencontre, aurait presque pu lui céder ce trophée tant l’arbitrage du Congolais a suscité de vives controverses. À l’issue du coup de sifflet final, une large majorité de réactions, toutes tendances confondues, ont dénoncé un arbitrage jugé « à deux vitesses ».
Dans un premier temps, l’arbitrage semblait pourtant maîtrisé. Jusqu’aux dernières minutes, seul le Sénégalais Lamine Camara avait été averti. Mais la rencontre bascule lorsque Jean-Jacques Ndala siffle une faute jugée légère pour refuser un premier but aux Lions de la Teranga, tout en se refusant catégoriquement à consulter la VAR. Quelques minutes plus tard, sous la pression des joueurs marocains et de leur banc, l’arbitre accorde en revanche l’assistance vidéo aux Lions de l’Atlas, avant de sanctionner dans la foulée un penalty litigieux en faveur de Brahim Díaz.
La désignation de Jean-Jacques Ndala pour cette finale témoignait pourtant de la confiance accordée à l’un des arbitres considérés comme parmi « les plus expérimentés et fiables d’Afrique ». Il s’agissait de sa quatrième Coupe d’Afrique des Nations, après les éditions 2019, 2021 et 2023. De nombreux témoignages louaient jusque-là son sang-froid, son autorité et sa gestion des matchs à haute tension, ainsi que son attachement à l’équilibre, à la neutralité et à l’excellence technique. Mais cette image semble s’être effondrée comme un château de cartes.
Aujourd’hui, de nombreux passionnés de football ayant suivi sa prestation lors de cette finale portent un regard nettement plus critique sur l’homme en noir. Régulièrement désigné pour diriger des rencontres clés de la Ligue des champions de la CAF, de la Coupe de la Confédération et des matchs décisifs des éliminatoires de la Coupe du monde, Jean-Jacques Ndala disputait là son troisième match dans ce tournoi. Il avait notamment officié lors du match d’ouverture entre le Maroc et les Comores.
Ses décisions ont ainsi marqué de manière indélébile cette finale chaotique entre le Maroc et le Sénégal. Si son arbitrage a été perçu comme favorable aux Lions de l’Atlas, paradoxe notable, au Maroc même, certains parlementaires réclament publiquement l’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre.
Arbitre FIFA depuis 2013, Jean-Jacques Ndala, Congolais de 38 ans, longtemps considéré comme l’un des officiels les plus respectés du continent, conclut cette CAN sur un arbitrage qualifié de « scandaleux » par une partie de l’opinion, et qui restera durablement gravé dans l’histoire du football africain.
Mamadou Dieng







