Dans les colonnes du journal Source A, le fondateur d’AfricaJom Center, Alioune Tine, s’est exprimé sans détour sur plusieurs questions brûlantes de l’actualité nationale. De la sortie de la ministre de la Justice à la nomination d’Ousmane Sonko à la Primature, en passant par les dossiers judiciaires sensibles et le rôle de la société civile, le défenseur des droits humains dresse un constat sévère.
Sortie de Yacine Fall : une “erreur politique”
Réagissant aux propos de Yacine Fall, ministre de la Justice, Alioune Tine estime que celle-ci a outrepassé son rôle institutionnel : « Ce n’est pas à la ministre de la Justice de s’adresser au peuple sur un dossier judiciaire, mais au procureur. Cette sortie est une erreur politique». Pour lui, la séparation des rôles au sein de l’appareil judiciaire est essentielle pour préserver la crédibilité de la justice et éviter toute confusion entre pouvoir politique et autorité judiciaire.
Primature : Alioune Tine critique le choix de Sonko
Sur la nomination d’Ousmane Sonko au poste de Premier ministre, Alioune Tine se montre tout aussi tranchant :« Ousmane Sonko a fait une erreur stratégique. Il n’aurait jamais dû accepter le poste de Premier ministre. Par son leadership, il devait aller à l’Assemblée nationale». Selon lui, Sonko aurait eu plus de poids politique et institutionnel en dirigeant le Parlement, véritable centre du débat démocratique et du contrôle de l’action gouvernementale.
Affaires Tahirou Sarr et Farba Ngom : l’exigence de transparence
Abordant les dossiers Tahirou Sarr et Farba Ngom, Alioune Tine appelle à une justice rigoureuse, impartiale et transparente. Il insiste sur la nécessité d’éviter toute instrumentalisation politique de ces affaires, afin de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires.
Endettement du Sénégal : un signal d’alerte régional
Alioune Tine exprime également ses inquiétudes face au niveau d’endettement du Sénégal, qu’il juge préoccupant au regard des standards régionaux. Il estime que cette situation exige un débat national sérieux et une communication claire des autorités sur les choix économiques engagés.
Intellectuels et société civile : un recul inquiétant
Enfin, il déplore ce qu’il qualifie de démission des intellectuels face au régime en place, ainsi que les attaques répétées contre la société civile : « Une démocratie ne peut fonctionner sans intellectuels engagés ni une société civile forte et indépendante. »
Pour Alioune Tine, affaiblir la société civile revient à fragiliser l’État de droit et à réduire les espaces de contre-pouvoir indispensables à toute gouvernance démocratique.
Alioune Sow







