Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a été réélu pour un troisième mandat, selon les résultats définitifs du scrutin du 28 décembre, proclamés lundi par la Cour constitutionnelle. Le chef de l’État sortant obtient 77,90 % des suffrages, consolidant ainsi son emprise sur la vie politique d’un pays toujours confronté à une insécurité persistante et à une profonde crise socio-économique. Son principal opposant, Anicet George Dologuélé, ancien Premier ministre et candidat malheureux à plusieurs reprises, arrive loin derrière avec 13,50 % des voix. Dès l’annonce des résultats provisoires, Dologuélé avait dénoncé une « fraude massive », déposant un recours en annulation auprès de la Cour constitutionnelle.
Lundi, l’institution a rejeté l’ensemble de ses requêtes, confirmant la victoire écrasante de Touadéra et estimant que les irrégularités évoquées par l’opposition n’étaient pas suffisamment étayées pour remettre en cause la crédibilité du processus électoral.
Un scrutin sous tension mais sans surprise
Le vote s’est tenu dans un contexte tendu, marqué par des défis sécuritaires persistants dans plusieurs régions du pays où la présence de groupes armés complique encore l’organisation d’élections pleinement inclusives. Malgré ces difficultés, les autorités ont assuré que le scrutin s’était déroulé dans des conditions acceptables, un point contesté par plusieurs organisations de la société civile et par l’opposition.
Pour Faustin-Archange Touadéra, cette nouvelle victoire renforce un leadership déjà soutenu par une partie de l’armée et par d’importants partenaires internationaux. Dès son premier mandat, le président centrafricain avait misé sur des alliances sécuritaires et politiques pour asseoir son pouvoir, dans un pays où la question de la stabilité reste centrale.
Des réactions contrastées
Si les partisans de Touadéra ont accueilli les résultats avec satisfaction, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts de reconstruction et de réconciliation, l’opposition continue de contester la légitimité du scrutin. Dologuélé, figure récurrente de la scène politique centrafricaine, n’a pas encore annoncé ses intentions quant à la suite de son engagement politique.
Au niveau international, les premières réactions appellent majoritairement au calme, à la stabilité et au dialogue inclusif, conditions jugées essentielles pour sortir durablement le pays de l’insécurité chronique et de la crise humanitaire.
Un troisième mandat lourd d’enjeux
La victoire de Touadéra ouvre une nouvelle période politique où les défis restent immenses : restaurer l’autorité de l’État, relancer l’économie, améliorer l’accès aux services publics et favoriser un climat de réconciliation nationale. Les attentes de la population sont fortes, dans un pays classé parmi les plus pauvres du monde et régulièrement secoué par des violences intercommunautaires.
Alors que son nouveau mandat débute, le président réélu devra composer avec une opposition revigorée par sa dénonciation du processus électoral, ainsi qu’avec une communauté internationale attentive aux évolutions politiques et sécuritaires du pays.







