Accusé de déstabilisation, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba a été extradé du Togo vers le Burkina Faso ce dimanche. Ce transfert, qui fait suite à plusieurs mises en garde de Lomé, livre l’ancien putschiste à une justice burkinabè en pleine réforme, où il risque la peine de mort.
Il s’agit de l’épilogue d’un exil de trois ans qui s’est joué en 24 heures. Arrêté le 17 janvier à Lomé par les services de sécurité togolais, le lieutenant-colonel Damiba a été conduit dès le lendemain matin à l’aéroport. Un jet privé de l’Agence nationale des renseignements (ANR) togolaise l’a transporté jusqu’à Ouagadougou, où il a été réceptionné par les forces de sécurité burkinabè.
La fin de la protection togolaise
Si le président Faure Gnassingbé a longtemps protégé son hôte, l’obstination de ce dernier a fini par briser l’alliance. Lomé avait pourtant multiplié les avertissements. Une première fois le 31 décembre 2025 quand un émissaire a exigé de Damiba la cessation de toute activité subversive. Ensuite début 2026 avec une seconde mise en garde lancée mais qui est restée sans effet. Lomé a finalement validé la version de la junte d’Ibrahim Traoré, qui accuse Damiba d’avoir planifié un putsch pour le 3 janvier dernier avec l’appui de la Côte d’Ivoire.
Un signal fort pour l’AES
En livrant cette figure de l’opposition armée, le Togo réaffirme sa position de médiateur privilégié auprès de l’Alliance des États du Sahel (AES). Faure Gnassingbé lève ainsi toute ambiguïté sur sa prétendue « complicité » et renforce ses liens avec le régime de Traoré.
Quel sort pour Damiba?
Le sort de Paul-Henri Damiba est désormais entre les mains de la justice militaire. L’ancien président pourrait être inculpé pour haute trahison et atteinte à la sûreté de l’État. Dans le cadre de la réforme en cours du Code pénal burkinabè, ces chefs d’accusation pourraient conduire à une condamnation à mort.







