À l’heure où le Maroc et le Sénégal s’apprêtent à s’affronter pour un titre continental, leur duel sportif met en lumière une relation bilatérale parmi les plus solides du continent africain, construite sur l’histoire, la diplomatie et la spiritualité.
Une relation enracinée bien avant les indépendances
Les liens entre les deux pays précèdent largement les indépendances. Des routes transsahariennes aux échanges commerciaux et religieux, Marocains et Sénégalais ont longtemps partagé savoirs et croyances. Après 1960, cette relation s’est institutionnalisée autour d’une vision commune portée par Léopold Sédar Senghor et les souverains marocains Mohammed V puis Hassan II.
Son socle juridique reste la Convention d’établissement de 1965, signée à Rabat, qui régit la libre installation des ressortissants des deux pays. Soixante ans plus tard, sa célébration récente sous le patronage du roi Mohammed VI et du président Bassirou Diomaye Faye a rappelé son rôle central dans la relation bilatérale.
La spiritualité comme ciment silencieux
Au-delà de la diplomatie, la dimension spirituelle, notamment à travers la confrérie tidjane et le pôle religieux de Fès, constitue un ciment silencieux mais durable. Ce lien dépasse les agendas politiques et nourrit une fraternité profondément ancrée entre les peuples.
Une diplomatie fondée sur la cohérence et la convergence
Sur le plan diplomatique, Rabat et Dakar affichent une forte convergence de vues sur les grandes questions africaines : intégration continentale, stabilité régionale et solutions africaines aux crises africaines. Cette proximité se traduit par un soutien mutuel constant dans les enceintes régionales et internationales.
Une coopération économique sud-sud en pleine accélération
L’axe économique est tout aussi dynamique. Les investissements marocains au Sénégal couvrent des secteurs clés — banques, assurances, télécoms, infrastructures, agriculture ou formation — illustrant un modèle de coopération sud-sud pragmatique. En retour, le Sénégal cherche à renforcer progressivement sa présence économique au Maroc.
Quand la fraternité s’efface face à l’enjeu sportif
C’est sur le terrain de football que la fraternité laisse place à la rivalité. À quelques minutes de la gloire, les Lions de la Téranga, champions d’Afrique en titre, visent une deuxième étoile, tandis que les Lions de l’Atlas poursuivent un sacre attendu depuis près de cinquante ans. Le duel tactique entre Pape Thiaw et Walid Regragui s’annonce intense, dans un contexte de ferveur populaire exceptionnelle.
Dimanche soir, une seule nation inscrira son nom au palmarès. Mais au-delà du résultat, Maroc et Sénégal continueront de cultiver une relation stratégique où la rivalité sportive n’altère jamais la profondeur de la fraternité.







