L’administration Trump a décidé de suspendre de manière indéfinie le traitement des visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays, dont le Sénégal. Selon une liste révélée par le Washington Post, cette mesure, qui doit entrer en vigueur le 21 janvier, impose un gel immédiat des dossiers en cours, plaçant les demandeurs sénégalais dans la même catégorie que ceux de pays comme la Russie, l’Iran, le Brésil ou la Somalie.
La directive, transmise aux services consulaires par le Département d’État et confirmée par son porte-parole Tommy Pigott, vise à limiter l’entrée de profils susceptibles de devenir une « charge publique », c’est-à-dire dépendants des aides sociales américaines. La Maison Blanche justifie cette décision par la volonté de protéger le système social et de lutter contre ce qu’elle qualifie d’abus du système d’immigration.
Cette orientation s’inscrit dans une politique migratoire plus restrictive. En novembre dernier, le Département de la Sécurité intérieure avait déjà proposé d’abroger certaines règles adoptées sous l’administration Biden, jugées insuffisantes pour évaluer les risques économiques. Parallèlement, l’administration Trump a élargi les interdictions de voyage à plusieurs pays et suspendu le traitement des demandes d’asile.
Des organisations de défense des droits des immigrants alertent toutefois sur les effets dissuasifs de cette politique, estimant qu’elle pourrait décourager des familles immigrées d’accéder à des aides auxquelles elles ont légalement droit, par crainte de compromettre leurs perspectives migratoires.
Pour le Sénégal et d’autres pays africains concernés — dont le Nigeria, le Ghana, le Cameroun ou la Côte d’Ivoire — cette décision marque un durcissement supplémentaire de l’accès à l’immigration vers les États-Unis.







