La situation sécuritaire dans l’ouest du Burkina Faso demeure extrêmement préoccupante, notamment dans la zone de Djibasso, commune frontalière du Mali. Depuis la fin de l’année 2025, cette localité stratégique est confrontée à une recrudescence d’attaques attribuées à des groupes armés jihadistes, provoquant un déplacement massif des populations civiles.
Une zone frontalière sous forte pression
Djibasso constitue l’un des derniers centres urbains burkinabè avant la frontière malienne. Sa position géographique en fait un couloir de circulation et d’opérations pour des groupes armés actifs des deux côtés de la frontière. Les attaques répétées menées contre les villages environnants — incendies d’habitations, destructions de récoltes et vols de bétail — ont vidé de larges zones rurales de leurs habitants.
Des civils contraints à l’exode
Face à l’insécurité, des centaines de familles ont fui vers Nouna ou Bobo-Dioulasso, parfois à plusieurs centaines de kilomètres. Les témoignages recueillis font état de départs précipités, dans la peur, sans possibilité d’emporter des biens essentiels. Ces déplacements forcés s’accompagnent d’une grande précarité : absence de logement stable, manque de nourriture et d’assistance humanitaire suffisante.
Un sentiment d’abandon sécuritaire
Un élément central ressort des récits des déplacés : l’absence perçue de protection effective. Selon plusieurs témoignages concordants, les attaques ne rencontreraient que peu ou pas de résistance visible des forces régulières ou des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Cette situation alimente un fort sentiment d’abandon parmi les populations locales.
Une crise qui dépasse le cadre national
La dimension transfrontalière du conflit est au cœur des préoccupations. Les habitants dénoncent des incursions venant du Mali et appellent à une meilleure coopération sécuritaire entre le Burkina Faso et le Mali. Des manifestations locales ont d’ailleurs eu lieu pour réclamer une réponse coordonnée face à une menace qui ignore les frontières administratives.
Un défi humanitaire et sécuritaire majeur
Au-delà de l’urgence sécuritaire, la crise de Djibasso pose un défi humanitaire majeur pour les villes d’accueil, déjà fragilisées. Sans stabilisation durable de la zone et sans réponse régionale plus structurée, le risque est celui d’un enracinement de l’insécurité et d’une aggravation des déplacements internes.
Au regard de la situation sécuritaire, Djibasso illustre les limites actuelles de la lutte contre les groupes armés dans les zones frontalières du Sahel : une insécurité persistante, des populations civiles prises au piège et une coordination régionale encore insuffisante face à une menace mobile et asymétrique.



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