Le coup d’envoi officiel
La reddition des comptes, promesse phare de la coalition Diomaye Président, a été lancée en septembre 2024 par Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, depuis la Primature. « Elle commence cette semaine », déclarait-il alors, donnant le signal d’une traque judiciaire d’envergure visant à contrôler et sanctionner les irrégularités dans la gestion des fonds publics.
Arrestations et détentions préventives
Le 26 mai 2025, Amadou Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, est placé sous mandat de dépôt. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, concussion, corruption, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité, dans le cadre d’une commande de riz estimée à 2,749 milliards de FCFA.
Après quatre mois de détention, il est libéré le 25 septembre 2025 sous contrôle judiciaire, la Haute Cour de justice ayant reconnu des contestations sérieuses.
Autre ancien ministre concerné : Moustapha Diop, ex-ministre de l’Industrie. Renvoi devant la Haute Cour en mai 2025, audition devant le juge d’instruction et placement sous mandat de dépôt pour un détournement présumé de plusieurs centaines de millions de FCFA issus des fonds destinés à la lutte contre la Covid-19. Il reste en prison.
Bracelets électroniques et libertés provisoires
La Haute Cour de justice n’a pas épargné d’autres ministres. Ismaila Madior Fall, ancien ministre de la Justice, est placé sous bracelet électronique avec assignation à domicile dans une affaire de soupçons de corruption et détournement de deniers publics. Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines, bénéficie le 7 juillet 2025 d’une liberté provisoire sous bracelet électronique, après avoir été détenue pour détournement présumé de fonds anti-Covid depuis fin mai.
Députés et hommes d’affaires visés
L’ancien proche de Macky Sall, Farba Ngom, député-maire, est placé sous mandat de dépôt en février 2025 par le Pool judiciaire financier pour blanchiment de capitaux d’une valeur estimée à plus de 125 milliards de FCFA. Dans la même affaire, l’homme d’affaires Tahirou Sarr est également incarcéré. Après onze mois, il obtient une liberté sous contrôle judiciaire le 12 janvier 2026, tandis que Farba Ngom reste en prison.
Une traque controversée
Entre arrestations, mises en détention et libérations provisoires, la reddition des comptes avance lentement. Si le gouvernement considère cette initiative comme le respect d’une promesse de campagne, certains observateurs et une partie de l’opinion parlent déjà de contre-performance, pointant la lenteur des procédures et les effets mitigés des mesures prises.







