Propos polémiques, décisions migratoires controversées et relations diplomatiques distendues : du célèbre « shithole countries » aux restrictions visant des pays africains, le bilan de Donald Trump vis-à-vis du continent reste marqué par le mépris perçu et une politique jugée stigmatisante, tant lors de son premier que de son second mandat.
La phrase qui a choqué le continent
En janvier 2018, lors d’une réunion à la Maison-Blanche consacrée à l’immigration, le président américain de l’époque aurait qualifié certains pays africains de « shithole countries », une expression vulgaire traduite par « pays de merde ». Ces propos provoquent une vive indignation en Afrique. L’Union africaine les condamne fermement, tandis que Donald Trump est accusé de racisme et de mépris envers le continent. Aucune excuse officielle n’est présentée, le président se limitant à des démentis partiels.
Une Afrique reléguée au second plan
Durant son premier mandat (2017-2021), Donald Trump évoque rarement l’Afrique sous l’angle du développement ou du partenariat stratégique. Ses interventions concernent essentiellement la lutte contre l’immigration illégale, le terrorisme et la réduction de l’aide étrangère. Il soutient notamment le durcissement des politiques migratoires et l’instauration de restrictions de visas pour plusieurs pays africains.
Un désengagement diplomatique assumé
Sur le plan diplomatique, Trump rencontre peu de chefs d’État africains et manifeste un désintérêt marqué pour les sommets Afrique–États-Unis. La politique africaine est largement confiée à ses collaborateurs, notamment au département d’État, ce qui est perçu comme un affaiblissement de l’influence américaine sur le continent.
Une image durablement négative
Dans l’opinion publique africaine, le premier mandat de Donald Trump reste associé à une image condescendante, un affaiblissement du dialogue politique et un manque de considération pour le continent.
Second mandat : continuité plutôt que rupture
Le second mandat s’inscrit dans la continuité idéologique du premier : priorité aux intérêts américains, approche transactionnelle et prise de distance avec le multilatéralisme. Dans ce cadre, l’administration Trump étend sa politique migratoire en interdisant l’entrée aux États-Unis à plusieurs pays africains, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Soudan du Sud, au nom de la sécurité nationale. Ces décisions sont dénoncées comme discriminatoires par de nombreux acteurs africains et organisations de défense des droits humains.
Le Mondial 2026, nouveau point de tension
Dernier épisode en date : la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Des restrictions partielles de voyage sont appliquées à certains pays africains qualifiés, dont le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Si les joueurs et délégations officielles sont autorisés à entrer, de nombreux supporters africains pourraient être privés de stade faute de visas touristiques.
Une politique migratoire qui crispe les relations
Bien qu’elles ne prennent pas la forme de déclarations ouvertement insultantes, ces mesures sont perçues comme stigmatisantes et continuent d’alimenter les tensions entre Washington et plusieurs capitales africaines.
Alioune Sow






