Longtemps abandonné par les différents régimes : absence d’infrastructure, manque d’investissement. Depuis quelques années, le système de l’enseignement supérieur guinéen connait une mutation profonde, tant sur le plan infrastructurel que sur le plan académique. C’est dans ce cadre que s’inscrit les reformes amorcées depuis 2010 par l’ancien régime du président Alpha Condé et les nouvelles autorités militaires de transition. Cette ambition se heurte toutefois à des limites matérielles et humaines. En effet, l’enseignement supérieur guinéen était jusque-là relégué au second plan de la politique publique du pays. Ce qui explique le manque crucial des infrastructures pédagogiques et des ressources humaines de qualités pour rendre le système attractif et compétitif.
Il est donc légitime de se demander si la Guinée a les moyens de ses ambitions pour transformer de manière systémique le secteur de l’enseignement supérieur. En tenant compte de nombreux aléas, notamment l’insuffisances des ressources humaines et la capacite réduite de nos universités pour absorber tous les candidats à une formation universitaire, on peut affirmer que le système présente une certaine limite.
Cependant, ces difficultés ne sont pas insurmontables. Il suffit juste d’avoir la volonté politique et de mettre les moyens adéquats pour atteindre cet objectif incontournable pour le développement du pays.
Pour surmonter à ses limites, les autorités guinéennes doivent porter leur attention sur deux axes prioritaires. D’une part, le cadre et les conditions pédagogiques. D’autre part, les ressources humaines.
Sur le plan infrastructurel et académique, il faudra entre autres :
• Renforcer la capacité de nos universités en se dotant des nouvelles infrastructures qui répondent aux normes internationales (campus sociaux et pédagogiques) ;
• Équiper nos universités des moyens matériels et technologique de dernière génération ;
• Créer dans chaque université et institut d’enseignement supérieur des nouveaux programmes de master en adéquation avec les nécessités dont le pays a besoin pour booster son développement ;
• Libéraliser l’accès au master pour tous les jeunes guinéens qui répondent aux critères prédéterminés pour faire valoir leur droit à un second cycle.
• Doter chaque Université, chaque institut, chaque département une école doctorale avec les moyens nécessaires pour accueillir des nouveaux encadreurs et des futurs doctorants ;
• Créer des laboratoires d’idées et de recherches dans tous les établissements d’enseignement supérieur ;
• Inciter la production scientifique ;
• Reformer le système de l’enseignement supérieur privé en mettant en place un cadre uniforme pour tous les établissements de l’enseignement supérieur privé avec un contrôle et une évaluation continue ;
Sur le plan des ressources humaines : il est impératif notamment de :
•Renforcer le personnel de l’enseignement supérieur existant ;
• Reformer radicalement le statut de l’enseignant chercheur : définir le diplôme et les différents grades, les conditions de recrutement conforment aux normes CAMES dont la Guinée est membre ;
• Faire appel aux nombreux guinéens exerçant dans les différentes universités à l’étranger ;
• Mettre en place une politique incitative pour encourager le retour aux nouveaux docteurs guinéens pour venir renforcer le système ;
• Prioriser dans les recrutements les nouveaux docteurs et les nombreux doctorants qui aspirent à servir le pays en les mettant dans des conditions adéquates au sein des équipes pédagogiques, bien encadrés par des professeurs expérimentés ;
• Faire appel aux partenaires extérieurs, en renfonçant la coopération universitaire ; faciliter la mobilité universitaire ;
• Allouer un budget conséquent pour promouvoir et encourager la recherche scientifique pour les jeunes diplômés ;
Investir dans la recherche scientifique dans des secteurs vitaux pour le développement ;
• Garantir la liberté académique en permettant à nos universités de fonctionner et de produire de savoir sans contrainte, ni injonctions ou intimidations des pouvoirs publics ;
• Faire de la Guinée et des Universités guinéennes un espace idéal pour le partage du savoir, de la connaissance : colloque, forum, rencontres scientifiques ;
• Dépolitiser enfin le système de l’enseignement supérieur guinéen qui a longtemps mis à l’agonie le secteur, empêchant toute réforme positive.
Chère autorité, vous êtes dans l’obligation d’assurer et de garantir une formation de qualité à tout jeune guinéen quelque soit son rang social. Il est inadmissible de voir à l’heure actuelle des jeunes ambitieux de poursuivre des études de deuxième et de troisièmes cycles mettre un terme à leur projet d’étude pour manque de programme de master ou de doctorat. On ne peut envisager un réel développement sans une jeunesse et des ressources humaines qualifiées. L’honneur et la respectabilité de notre pays en dépend également, d’autant plus que nous sommes dans un monde de plus en plus connecté compétitif et concurrentiel.
Jeunes de Guinée, à nous de relever les défis pour le développement de notre chère nation afin de briller dans tous les domaines : sciences, arts, cultures économies, sports.
Amadou Lamarane BAH
Doctorant en Droit Public
FSJP/UCAD
Email : amadoulemaire@yahoo.fr.


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