La restructuration de la dette est un mécanisme juridique et financier qui permet à un État de renégocier ses obligations auprès de ses créanciers. L’objectif : alléger temporairement la charge financière en modifiant les délais de remboursement, les taux d’intérêt ou en obtenant d’autres facilités. Concrètement, cela permet à un pays de libérer des ressources pour investir dans sa relance économique plutôt que de consacrer l’essentiel de son budget au paiement des dettes.
Pour le Sénégal, plusieurs indicateurs financiers alertent. Les Eurobonds ont perdu jusqu’à 20 % de leur valeur en trois mois, les spreads obligataires ont fortement augmenté, et l’accès aux marchés internationaux est désormais limité. Avec une dette extérieure de 47 milliards de dollars et un service de la dette qui absorbe une part importante des exportations, la question de la restructuration devient centrale.
Selon le Fonds monétaire international, la dette sénégalaise a atteint 132 % du PIB fin 2024, après la découverte de dettes cachées laissées par l’ancienne administration. Le gel d’un programme de prêts de 1,8 milliard de dollars oblige le pays à chercher des financements régionaux, plus coûteux.
Pour les économistes, la restructuration n’est pas un signe de faillite, mais un outil pour mieux gérer la dette et soutenir la croissance. Elle permet de soulager la trésorerie de l’État, d’optimiser le remboursement des intérêts et du capital, et de sécuriser la stabilité économique et financière.
Malgré ces signaux, le Premier ministre Ousmane Sonko reste confiant : la dette reste soutenable, le Sénégal honore ses engagements, et les projections de croissance ont été validées par ses partenaires internationaux, y compris le FMI.
En résumé, la restructuration apparaît comme un outil de prudence économique, qui pourrait permettre au Sénégal de traverser cette période de tension financière sans compromettre son développement.






