La Confédération des États du Sahel (AES) a exprimé une condamnation ferme de l’intervention militaire américaine au Venezuela, qualifiée d’« acte d’agression » et d’« ingérence inacceptable » dans les affaires d’un État souverain. Dans un communiqué publié le 8 janvier à Ouagadougou et signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et de l’AES, l’organisation appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à se prononcer clairement contre cette opération.
L’AES estime que l’action militaire constitue une violation des principes fondamentaux du droit international et de la Charte des Nations unies, soulignant que le recours unilatéral à la force par un État, en particulier un membre permanent du Conseil de sécurité, fragilise l’ordre international et la stabilité mondiale. Le bloc sahélien dénonce notamment ce qu’il décrit comme un « enlèvement illégal » du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse.
Dans son communiqué, l’AES formule trois demandes principales : une condamnation explicite de l’intervention par le Conseil de sécurité, la réaffirmation d’un ordre mondial fondé sur l’égalité souveraine des États et l’expression de solidarité envers le peuple vénézuélien.
Cette position se distingue de celle de la Cédéao, qui s’est limitée à exprimer sa préoccupation tout en rappelant le droit des États à lutter contre certaines formes de criminalité internationale. Elle intervient dans un contexte marqué par l’annonce, par le président américain Donald Trump, du transfert de volumes importants de pétrole vénézuélien vers les États-Unis, et par une opération militaire à Caracas le 3 janvier ayant fait plusieurs dizaines de morts.
Sur le plan africain, l’AES rejoint d’autres États et organisations, dont le Ghana, le Tchad, l’Afrique du Sud et l’Union africaine, qui ont également exprimé leurs préoccupations et appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. L’organisation sahélienne affirme enfin son attachement au multilatéralisme et au respect du droit international, estimant que la crise vénézuélienne constitue un enjeu majeur pour l’ordre international.







