Publié en décembre 2025, le rapport d’audit définitif de la Section des Comptes de la Cour suprême dresse un bilan du financement public des partis politiques maliens entre 2000 et 2024. Conformément aux lois sur la charte des partis, l’État consacre chaque année 0,25 % de ses recettes fiscales à ce soutien, pour un volume global estimé entre 25 et 35 milliards de francs CFA sur la période, sans total consolidé officiel.
La répartition des fonds obéissait à une clé légale combinant participation électorale, représentation parlementaire et communale, ainsi que la promotion des femmes élues. Ce mécanisme a favorisé une concentration des ressources au profit des partis disposant d’une implantation institutionnelle durable.
Selon les données analysées, l’ADEMA-PASJ, le RPM et l’URD apparaissent comme les principaux bénéficiaires, avec des montants cumulés estimés respectivement entre 5 et 7 milliards, 4 et 6 milliards, et 2 et 3 milliards de francs CFA. À eux seuls, ces partis concentrent la majorité des subventions publiques. Les dix formations les plus financées captent près de 80 % des ressources, tandis que plus de 130 autres partis se partagent moins de 20 %.
L’audit relève par ailleurs que certains partis à faible poids électoral ont accédé aux subventions sur la base de critères essentiellement administratifs, comme le dépôt des comptes de gestion. Le rapport met enfin en lumière des insuffisances récurrentes dans la gestion financière des partis, accentuées en 2025 par la suspension puis la dissolution des formations politiques, qui ont compliqué les travaux de contrôle.
Au total, le document propose un état des lieux chiffré du financement public des partis maliens sur vingt-cinq ans, dans un contexte institutionnel désormais profondément transformé.







