Si Nollywood domine la scène cinématographique nigériane, le nord du pays développe sa propre industrie : Kannywood, le cinéma en langue haoussa. Né au début des années 1990 à Kano, ce secteur s’adresse principalement aux millions de locuteurs haoussas d’Afrique de l’Ouest, avec des productions ancrées dans les réalités sociales et culturelles locales.
À la différence de Nollywood, Kannywood évolue sous un strict encadrement religieux. Chaque scénario est soumis à une commission de censure qui proscrit nudité et scènes jugées contraires à la charia. Cette contrainte pousse les réalisateurs à privilégier la suggestion et des récits centrés sur des thèmes comme l’amour, le mariage, l’héritage ou les conflits familiaux.
Malgré ce contrôle, l’industrie se montre dynamique, avec des centaines de films produits régulièrement et des séries populaires comme Wata Shida, diffusée sur des chaînes locales et en ligne. Pour élargir son audience, Kannywood investit désormais le streaming à travers des plateformes locales comme Arewaflix, qui proposent des sous-titres en langues étrangères afin de toucher la diaspora et un public international.
Confronté à la piraterie, au manque de financements et à la nécessité de renforcer la formation professionnelle, le cinéma haoussa nourrit toutefois une ambition claire : s’imposer au-delà de ses frontières sans renoncer à son identité culturelle.







