Le recrutement de professeurs sénégalais par des universités guinéennes suscite un vif débat au Sénégal, alimenté par des interrogations sur le cadre légal et les implications pour l’enseignement supérieur national. Selon l’enseignant-chercheur Meissa Diakhaté, cette polémique repose en grande partie sur une mauvaise interprétation du terme « recrutement » et sur une méconnaissance des mécanismes de coopération universitaire régionale.
L’universitaire rappelle que ces interventions s’inscrivent dans des accords de coopération scientifique et académique entre la Guinée et le Sénégal, deux pays membres d’organisations d’intégration comme la CEDEAO et le CAMES. Il souligne que les enseignants concernés ne quittent pas durablement leurs universités d’origine, mais interviennent à titre contractuel et pour une durée déterminée, comme cela a déjà été pratiqué dans d’autres contextes africains et internationaux.
Meissa Diakhaté note par ailleurs que plusieurs pays africains et non africains comptent des enseignants-chercheurs engagés dans ce programme guinéen, relativisant ainsi la focalisation sur le Sénégal. Il insiste sur les bénéfices scientifiques mutuels de ces échanges, notamment en matière de recherche appliquée et de partage d’expertise.
Pour l’enseignant-chercheur, l’enjeu principal réside dans un meilleur encadrement du programme afin de garantir le respect des obligations statutaires des enseignants sénégalais et d’assurer la transparence institutionnelle. Il plaide enfin pour une approche constructive, estimant que la coopération universitaire régionale constitue un levier stratégique pour le développement des systèmes éducatifs africains.






