La tension est montée d’un cran ce vendredi 2 janvier lors de la conférence de presse du FRAPP. Syndicalistes de la santé, experts de l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP) et le député Guy Marius Sagna ont mis à nu ce qu’ils qualifient de « monde à l’envers » : une administration qui punit ses propres contrôleurs pour couvrir des produits non conformes.
Le ton était à l’indignation au siège du FRAPP. Au cœur du débat : la demande d’explication adressée au Dr Diallo par le Directeur Général de l’ARP. Pour Guy Marius Sagna, le paradoxe est total : au lieu de s’attaquer aux failles sanitaires, la hiérarchie s’acharnSe sur ceux qui les dénoncent. « C’est le monde à l’envers ! Ceux qui protègent la santé des Sénégalais reçoivent des menaces, tandis que ceux qui sont suspectés de fautes graves se murent dans le silence », a martelé le député.
Les intervenants ont apporté des précisions de taille sur l’affaire SOFTCARE, du nom de l’entreprise au cœur d’un scandale de produits d’hygiène et de parapharmacie non conformes. Les techniciens de l’ARP ont confirmé avoir déposé des rapports préconisant le retrait de certains lots jugés dangereux. Selon les syndicats SAMES et SUTSAS présents, la direction utiliserait désormais les « lettres d’explication » comme une arme pour museler les inspecteurs de terrain.
Le ministère aphone
Le silence du ministre de la Santé, qui dure depuis 12 mois malgré les alertes sur la gestion du DG de l’ARP, est aujourd’hui perçu comme une complicité de haut niveau.
Un front syndical et citoyen
La conférence de presse n’était pas qu’un simple constat, mais un véritable ultimatum. Les pharmaciens-inspecteurs et les médecins du SAMES ont été clairs : « La diversion et l’intimidation ne passeront pas », a prévenu Guy Marius Sagna. Le mouvement FRAPP et les collectifs de consommateurs exigent désormais la publication immédiate des résultats d’analyses sur les produits incriminés et l’arrêt des poursuites contre les lanceurs d’alerte.







