Dans un contexte de recomposition des rapports d’influence à l’échelle mondiale, Hawa Barry Diallo appelle à faire de la culture un levier stratégique de la diplomatie guinéenne. Elle plaide pour la création de Maisons de la Guinée à l’international, destinées à renforcer le rayonnement culturel, économique et symbolique du pays.
Actrice engagée du dialogue interculturel, de la diplomatie économique et de la coopération internationale, Hawa Barry Diallo invite à une réflexion stratégique sur la place de la culture dans les relations internationales. Selon elle, la diplomatie culturelle doit s’inscrire dans une logique de réciprocité, de visibilité et de rayonnement durable.
À travers le continent africain, souligne-t-elle, la présence de centres culturels portés par de grandes puissances étrangères est une réalité bien établie. Ces espaces constituent de véritables instruments de diplomatie d’influence : ils favorisent l’apprentissage des langues, la diffusion des cultures, le partage des valeurs, la création de liens durables avec les jeunesses locales et l’ancrage de relations stratégiques à long terme.
« Longtemps dominée par l’Occident et l’Europe, cette diplomatie culturelle connaît aujourd’hui une évolution notable avec l’émergence de nouveaux acteurs, notamment la Chine, qui investissent de manière structurée dans le rayonnement de leur culture à l’international. Cette dynamique soulève une question essentielle : pourquoi les nations africaines, pourtant présentes sur la scène diplomatique mondiale, ne développent-elles pas elles aussi des centres culturels solides, dotés de ressources humaines qualifiées et de financements durables, afin de porter leur propre récit au-delà de leurs frontières ? », s’interroge Hawa Barry Diallo.
Pour elle, il ne s’agit ni de rivalité ni d’opposition, mais bien de rééquilibrer les échanges culturels. La diplomatie culturelle doit être un espace de partage et d’apprentissage mutuel, fondé sur le respect. Forte de civilisations millénaires, de langues, d’arts, de savoir-faire et de valeurs universelles, l’Afrique dispose d’un capital culturel exceptionnel qui mérite d’être mieux connu et valorisé à l’échelle mondiale.
« La Guinée, à l’image de nombreuses nations africaines, possède un patrimoine culturel riche, pluriel et distinctif. La création de Maisons de la Guinée à l’international, conçues comme de véritables lieux de culture, de dialogue, de création et de coopération, permettrait de renforcer l’image du pays tout en générant des opportunités économiques, éducatives et diplomatiques durables, au bénéfice de la nation et de sa diaspora », souligne-t-elle.
Pour Hawa Barry Diallo, investir dans la diplomatie culturelle, c’est investir dans l’avenir. C’est affirmer son identité avec confiance, contribuer activement au dialogue des cultures et bâtir des partenariats gagnant-gagnant au service des peuples. La diplomatie culturelle, insiste-t-elle, n’est ni un luxe ni un simple outil de visibilité : elle constitue un acte de souveraineté.
À travers la création des Maisons de la Guinée à l’international, l’objectif n’est pas de rivaliser, mais d’instaurer une réciprocité culturelle équilibrée, de raconter le récit guinéen et d’offrir au monde la richesse de son identité, de ses valeurs et de son génie collectif. Simandou 2040, conclut-elle, passe aussi par la construction d’une image positive, forte et crédible de la Guinée à l’international, portée par sa culture.
D.S. Kamara, correspondant de LNA à Conakry







