Aide humanitaire : la solidarité doit transcender les frontières, selon l’expert Duran DEGAN

Aide humanitaire : la solidarité doit transcender les frontières, selon l’expert Duran DEGAN

Chaque année, il est célébré dans la seconde moitié du mois d’août, la journée mondiale de l’aide humanitaire. Cela est dédié à la reconnaissance du travail des humanitaires à travers le monde et à la sensibilisation aux défis auxquels ils sont confrontés.

Ladite célébration met en lumière l’importance de l’assistance aux populations touchées par les conflits, les catastrophes naturelles et les crises humanitaires. Un vibrant hommage est également rendu aux travailleurs humanitaires qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions. Instaurée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2008 et célébrée pour la première fois en 2009, ladite journée a été choisie en mémoire de l’attentat du 19 août 2003 contre le siège des Nations Unies à Bagdad, en Irak, qui a causé la mort de 22 personnes, dont Sergio Vieira de Mello, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU. Cet événement tragique a marqué un tournant majeur dans la prise de conscience des dangers auxquels sont exposés les travailleurs humanitaires sur le terrain.

Objectifs essentiels : sensibiliser le grand public et les gouvernements à l’importance de l’aide humanitaire et aux risques encourus par ceux qui la fournissent, promouvoir également le respect du droit international humanitaire, encourager la protection des civils et des travailleurs humanitaires dans les zones de conflit et mobiliser un soutien accru pour les opérations d’assistance aux populations vulnérables. Selon les Nations Unies, des millions de personnes dépendent chaque année de l’aide humanitaire pour survivre.

La solidarité et l’entraide sont-elles priorisées aujourd’hui dans le monde ? Au travers du programme hebdomadaire ‘’Sans Détour’’, la chaine privée béninoise Radio Sêdohoun a reçu l’expert en Coopération Internationale et Aide Humanitaire, Consultant au sein du Groupe Nexus Associatif Consulting, Président de l’ONG Espoir et Nature, Duran DEGAN. Celui-ci a expliqué de fond en comble, la situation. A l’en croire, « l’aide humanitaire n’est pas née par hasard, mais d’un drame humain majeur. Il s’agit de la bataille de Solférino le 24 juin 1859 entre les soldats de l’armée franco-sarde à l’armée de l’Empire Autrichien. Ce jour-là, Henri Dunant, un homme d’affaires suisse, fut témoin de milliers de soldats blessés et abandonnés sans soins. Bouleversé, il organisa spontanément l’assistance aux victimes avec les habitants du village, sans distinction d’uniforme. De cette expérience, est née l’idée de créer la Croix-Rouge et, plus tard, le droit international humanitaire. La célébration mondiale de l’aide humanitaire s’inscrit donc dans cet héritage… »

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Duran DEGAN rappelle que la solidarité doit transcender les frontières. Car, personne n’est à l’abri d’une catastrophe, qu’elle soit naturelle, sanitaire ou liée aux conflits. « Dans les zones de guerre, les populations luttent au quotidien pour trouver de l’eau, du pain ou un abri. Le droit international humanitaire, inspiré justement par l’œuvre d’Henri Dunant, impose de protéger les civils, les blessés, les prisonniers et les humanitaires. Mais dans de nombreux conflits, ces règles sont bafouées : on bombarde des hôpitaux, on cible des convois humanitaires, on instrumentalise la faim comme arme de guerre. L’absence de sanctions fermes entretient cette impunité. »

« L’aide humanitaire est spécifique car elle repose sur des principes fondamentaux : humanité, impartialité, neutralité et indépendance. Cela signifie qu’elle ne vise qu’à sauver des vies, sans se laisser instrumentaliser par des intérêts politiques, militaires ou religieux. C’est cette spécificité qui lui donne sa légitimité et sa force. Les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge rappellent sans cesse aux États leurs obligations : respecter le droit humanitaire, garantir l’accès aux populations vulnérables et soutenir financièrement les opérations de secours. Mais au-delà des recommandations, il faudrait que les Etats passent réellement à l’action. »

« Dans beaucoup de crises, les convois humanitaires sont bloqués, parfois délibérément, et l’absence de carburant empêche d’acheminer les médicaments, les vivres et l’eau potable. Les acteurs humanitaires font des miracles, mais sans un accès sécurisé et un soutien logistique, leur impact reste limité. On ne peut nier les efforts déployés, mais la réalité reste accablante. La souffrance des populations dépasse largement les moyens disponibles. On est encore loin d’une réponse à la hauteur des besoins. Il faut aller au-delà des discours. Les Etats doivent s’engager avec des financements durables, garantir l’accès humanitaire sans conditions et investir dans des solutions de long terme, comme la résilience des communautés, l’éducation et la santé. Protéger les civils, assumer la responsabilité des États et agir de façon coordonnée. C’est le triptyque indispensable pour redonner de la crédibilité à l’action humanitaire. »

« Les dirigeants doivent prendre des décisions courageuses, mais les citoyens aussi peuvent s’impliquer par le bénévolat, les dons, ou simplement en cultivant la solidarité dans leur quotidien. Chacun a une part de responsabilité. L’aide humanitaire n’est pas une faveur mais un impératif moral. Comme Henri Dunant à Solférino, nous devons tous refuser l’indifférence. La solidarité est la seule arme pacifique capable de préserver notre humanité commune face aux crises. »

Sidoine AHONONGA

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