Pour les personnes autistes, « il leur faut un cadre de vie stable et prévisible », dit l’éducateur spécialisé Otis Wilfried APOVO

Pour les personnes autistes, « il leur faut un cadre de vie stable et prévisible », dit l’éducateur spécialisé Otis Wilfried APOVO

Il est célébré chaque 2 avril, la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. C’est un handicap dont les manifestations sont décrites sous l’intitulé de trouble du spectre de l’autisme (TSA) ; un trouble neurodéveloppemental.

Les premiers signes sont perceptibles avant l’âge de trois ans. Ces symptômes sont dus à un dysfonctionnement cérébral. Il parait que les personnes autistes perçoivent le monde d’une façon différente par rapport aux personnes dites neurotypiques. Quels détails importants faut-il avoir sur l’autisme ?

À cet effet, la chaine privée béninoise Radio Sêdohoun a reçu dans le Grand Direct (11 h 45 GMT) de ce mercredi 2 avril 2025, l’éducateur spécialisé en service au centre national hospitalier universitaire de psychiatrie CNHUP-Jacquot à Cotonou, Otis Wilfried APOVO. Ce dernier a fait savoir que l’autisme est un trouble neurodéveloppemental c’est-à-dire des altérations du cerveau qui se mettent en place avant la naissance et sont impliquées dans le langage, la motricité, la perception, les émotions, les interactions sociales.

Depuis 1996, l’autisme est reconnu officiellement, par exemple en France, comme un handicap. À en croire l’éducateur spécialisé en service au centre national hospitalier universitaire de psychiatrie CNHUP-Jacquot à Cotonou, les causes de l’autisme ne sont pas clairement définies, mais on nous parle pour le moment des causes biologiques ou encore des produits que prennent les mamans pendant l’accouchement. L’autisme reste un mal à multiples symptômes, puisque ses caractéristiques sont vraiment diverses.

Les personnes atteintes d’autisme rencontrent des difficultés pour comprendre ce qu’on leur dit ou pour comprendre les émotions des autres. « Votre enfant, vous l’appelez, il ne répond pas forcément à son prénom ; ou bien votre enfant, il ne vous regarde pas dans les yeux. » Il ne comprend pas vos mimiques et il ne fait pas attention non plus à la présence de l’adulte, c’est-à-dire que vous êtes là, vous êtes en train de lui parler, il ne vous regarde pas, il est dans son monde. « Et, on observe à côté de tout ça, un caractère restreint et répétitif des comportements dans les jeux et dans les scènes d’intérêt et activités… »

« Au Bénin comme dans d’autres pays africains, les personnes autistes sont victimes de préjugés socioculturels, d’isolement et de marginalisation car elles sont considérées comme une malédiction divine. » Ils ont été considérés comme des enfants sorciers ou même la réincarnation du diable dans certaines zones rurales. Autant l’enfant autiste est rejeté, exclu, il faut reconnaitre que, autant la famille aussi est indexée et marginalisée. « Être autiste n’est pas seulement un handicap ou un trouble, c’est aussi une condamnation sociale. »

Otis Wilfried APOVO révèle également que pour les personnes autistes, « il leur faut un cadre de vie stable et prévisible ». Son traitement appelle à de lourds moyens. Et le gouvernement béninois fait de gros efforts dans ce sens.

Sidoine AHONONGA

Get real time updates directly on you device, subscribe now.