RCA : l’opposition muselée, la tension monte à l’approche de la marche du 4 avril

RCA : l’opposition muselée, la tension monte à l’approche de la marche du 4 avril

Le climat politique en République centrafricaine devient de plus en plus tendu à mesure que le pouvoir en place cherche à étouffer toute forme d’opposition.

 Ce dimanche 23 mars 2025, Anicet Georges Dologuélé, leader de l’opposition et chef de file de l’Union pour le Renouveau Centrafricain  (URCA), a été accueilli par ses militants dans les quartiers nord de Bangui, dans le cadre de la préparation de la grande marche de l’opposition prévue le 4 avril prochain.

Mais la rencontre, censée être un moment de dialogue entre Dologuélé et ses partisans, a rapidement tourné au vinaigre. En pleine séance de questions-réponses, alors que le leader politique prenait la parole pour répondre aux préoccupations de ses militants, les forces de l’ordre ont envahi les lieux de la réunion.

Malgré le fait que celle-ci se tenait dans une concession privée, les agents de sécurité ont interrompu le meeting, ordonnant la dispersion des participants sous prétexte d’un ordre des autorités du pays.

Cette intervention brutale a déclenché une vive réaction de la foule, qui a exprimé son mécontentement par des cris et des chants, rendant la situation encore plus tendue. Face à la montée de la colère populaire et aux risques d’escalade, Anicet Georges Dologuélé a été contraint de quitter les lieux avant la fin du meeting.

 

Cet incident souligne la politique de plus en plus répressive du régime de Bangui, qui semble prêt à tout pour empêcher toute manifestation d’opposition. À moins de dix mois des élections, cet épisode alimentera sans doute les tensions, et soulève la question du respect de la démocratie dans un pays en proie à de nombreuses crises.

La marche du 4 avril, prévue par l’opposition pour dénoncer ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire, pourrait bien être un point de bascule. Mais avec un pouvoir visiblement déterminé à museler toute forme de contestation, il est légitime de se demander si cette marche pourra se tenir dans de bonnes conditions. L’avenir de la démocratie centrafricaine semble aujourd’hui incertain, et la route vers les élections s’annonce semée d’embûches.

 

Adrien KOUNDOU-ZALIA

Journaliste d’Investigation

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